Planification Familiale au Burkina Faso
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Financement public pour la santé

Le gouvernement du Burkina Faso fait du financement de la santé une priorité. Le financement public des services de santé a augmenté progressivement au cours des dernières années, représentant 8,7 % des dépenses nationales en 2000, 18,7 % en 2005 et 13,5 % en 2010.

Le graphique suivant illustre le lien entre l’augmentation du budget de l’Etat et de son budget pour la santé depuis 2000. Bien que les budgets annuels soient nettement plus élevés, les responsables politiques à tous les niveaux allouent plus de ressources pour l’amélioration de l’accès aux soins dans tout le pays.

Budget totale de l'Etat et budget de l'Etat alloué à la santé entre 2000-2009

En Milliards de CFA

2009
$1,715,764 $265,197
2008
$1,628,618 $247,822
2007
$1,630,056 $189,249
2006
$1,701,254 $187,249
2005
$1,392,786 $131,344
2004
$1,166,936 $123,284
2003
$1,086,898 $ 109,850
2002
$969,035 $ 101,169
2001
$845,017 $88,928
2000
$791,163 $ 78,626
En milliards de CFA
 = State Budget
 = Health Budget

Pour mettre en œuvre le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) de 2001, un Plan triennal a été élaboré en fonction d’un Plan financier pour la période 2003-2005.

Suite aux efforts du gouvernement, le pourcentage total des dépenses publiques consacrées à la santé a atteint un niveau record de 18,7 % en 2005 (voir tableau ci-dessous). Les financements publics pour la santé ont ensuite diminué en raison de la crise économique mondiale.

DÉPENSES TOTALES DE SANTÉ DU GOUVERNEMENT, 2002-2010


Année Dépenses Totales de l’état en Millions de CFA Dépenses Totales de l’état pour la Santé en Millions de CFA % des Dépenses Totales du Gouvernement Destinées à la Santé
2002 $249,879 $29,835 11,94%
2003 $255,847 $32,032 12,52%
2004 $292,650 $44,893 15,34%
2005 $330,694 $61,708 18,66%
2006 $385,677 $62,518 16,21%
2007 $449,415 $66,738 14,85%
2008 $453,634 $73,761 16,26%
2009 $499,075 $67,675 13,56%
2010 $529,961 $71,492 13,49%

Le gouvernement conduit des efforts depuis 2006 pour améliorer l’accès aux soins, en témoignent les subventions accordées à certains services de santé. Le gouvernement a également publié son Plan d’action 2009-2010, encourageant la création de programmes visant à établir des filets de sécurité pour atténuer les effets de la crise économique et financière sur l’économie du Burkina. Bien que le financement du gouvernement ait diminué, il représente toujours près de 15 % du budget de l’État pour la période 2006-2015.

Financement public pour le PF

En 2005, le Plan de Sécurité Contraceptive du Burkina Faso a été élaboré pour la période de 2006-2015, comprenant une nouvelle ligne budgétaire pour les contraceptifs. Le Plan de Sécurité Contraceptive et le Plan d’Action pourraient être responsables de la légère augmentation des dépenses de santé du gouvernement en 2008.

Le gouvernement est très conscient de son devoir de fournir des médicaments de qualité et en quantité suffisante y compris les contraceptifs aux populations malgré les ressources limitées dont il dispose. C’est la raison pour laquelle en 2004, il a créé une ligne budgétaire consacrée à l’achat des médicaments en général. Puis en 2008, dans l’objectif d’accompagner les engagements et politiques en matière de PF, une ligne spécifique a été créé pour l’achat des produits contraceptifs. Cette ligne qui est approvisionnée chaque année est d’un montant en 2013 de 500 millions de CFA.

Le graphique ci-dessous indique le budget consacré par le gouvernement pour l’achat de contraceptifs entre 2007 et 2013 :

Budget Public Consacré à l'achat de Contraceptifs entre 2007-2013

2007
$359
2008
$600
2009
$668
2010
$300
2011
$500
2012
$500
2013
$500
En millions de FCFA
Source DSME

Le graphique ci-dessous indique les montants alloués à l’achat de commodités contraceptives par le gouvernement depuis la création d’une ligne budgétaire en 2007 :

Les Fonds Alloués à l'achat de Contraceptifs par l'Etat entre 2007-2012

2007
$350
2008
$584
2009
$550
2010
$292
2011
$487
2012
$487
En millions de CFA
Source DSME

L’engagement de l’Etat pour la planification familiale a atteint son plus haut niveau lors du Sommet de la planification familiale à Londres en juillet 2012, où la Première Dame a confirmé l’importance de la planification familiale. À l’issu de cet événement, le gouvernement a décidé de maintenir la ligne budgétaire pour l’achat de contraceptifs, s’est engagé pour l’innovation en mettant en place des méthodes comme Uniject (Système d’injection autobloquante) dans le pays, et a redynamisé les efforts pour l’amélioration du partenariat entre le secteur privé et public, tout en appelant à la mobilisation d’avantage d’hommes dans le domaine de la PF, et à la surveillance active de la disponibilité des contraceptifs. Le Ministère de la santé à travers le Programme d’Appui au Développement Sanitaire (PADS) a financé l’approvisionnement en produits contraceptifs en 2008 à hauteur de 267 millions CFA.

Le principal défi à ce niveau réside dans l’utilisation effective de ce budget. En effet l’accès à ces fonds nécessite souvent de longues démarches administratives qui quelque fois empêchent d’utiliser la totalité des fonds alloués avant la fin de l’année fiscale. N’eut été la créativité dont fait preuve la Centrale d’Achats de Médicaments Essentiels Génériques et de Consommables Médicaux (CAMEG) en anticipant l’achat des contraceptifs sur ces propres fonds en attendant le déblocage des fonds publics, la ligne budgétaire créée par le gouvernement n’aurait pas été utilisée avec efficacité. La CAMEG est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, qui met à la disposition des formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif et lucratif des médicaments génériques, des produits de laboratoires et des équipements médicaux.

Tous les produits sont achetés sur le marché international. L’utilisation des fonds publics pour l’approvisionnent en contraceptifs se fait à travers la CAMEG. Le gouvernement a prévu de financer pour un montant de 500 millions CFA supplémentaires en 2013, l’achat de condoms à distribuer à travers le marketing social de PROMACO. Le financement courant est insuffisant et il existe plusieurs problèmes dont la stagnation de la part contributive de l’Etat, ce qui entraine une dépendance sur les partenaires.

En matière de prestation de services de PF dans le secteur public, une circulaire du Secrétaire général de la santé instaure la gratuité des consommables de PF (comme les gants, compresses, Xylocaine, Bétadine, et Séringue, pas les méthodes) et des coûts de prestation pour l’insertion et le retrait des implants et du DIU dans le secteur public. Cette circulaire connait des difficultés dans son application car elle n’est pas bien vulgarisée au niveau des points de prestations mais des efforts sont faits au niveau des districts pour son application.

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