Planification Familiale au Burkina Faso
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Historie de la Planification Familiale en Burkina Faso

Texte préparé par: Delphine Barry



Héritage colonial (avant l’Indépendance du 5 août 1960)

Le 30 juillet 1920 une loi française interdisant la « propagande » qui vise à promouvoir les méthodes contraceptives et l’avortement est adoptée à la Haute Volta. La loi prévoit une peine sévère pour les personnes impliquées dans la conduite d’avortements illégaux, la promotion de politiques pour la prescription et la vente de contraceptifs, et la lutte pour l’augmentation de l’accès à la planification familiale.



1954

Première Conférence des Nations Unies sur la population mondiale à Rome. À cette conférence, il était plus question de discuter des conséquences de la croissance démographique et des changements démographiques à travers le monde. En dépit de la pertinence de cette question aucune recommandation formelle n’a été prise à l’issue de cette conférence. La notion de croissance démographique rapide prenait place dans le discours officiel.

De l’indépendance à nos jours

Ancienne colonie française, le 5 août 1960, la Haute Volta devient indépendante. La loi de 1920 en matière de contraception de la France coloniale demeure le code d’éthique en planification familiale.

1965


Deuxième Conférence des Nations Unies sur la population mondiale à Belgrade (Yougoslavie). A cette conférence, il s’agissait de débattre des aspects stratégiques de la fécondité dans le cadre de la planification du développement. L’accroissement démographiques ans précédent enregistré dans le monde avait suscité une analyse plus approfondie des aspects démographiques du développement.


1970

La loi française du 31 juillet 1920 a bénéficié d’un additif à travers l’ordonnance N°70-68/bis/PRES/MSP/AS du 28 décembre portant Code de santé publique. Cet élément additionnel interdit de façon absolue l’avortement et la diffusion d’information sur les contraceptifs.

1971

La Conférence africaine sur la population, a été organisé par la Commission économique pour l'Afrique et l'Union internationale pour l'étude scientifique de la population, en collaboration avec la Fédération internationale pour la planification familiale. La conférence s'est réunie en Accra, Ghana du 09 au 18 décembre. Quatre cents representantes des plusieurs états membres Africains de la commission, incluent la Haute Volta, étaient présent.

1974

Troisième Conférence des Nations Unies sur la Population Mondiale à Bucarest : à l’issue de cette conférence, un plan d’action est adopté. Dans ce plan d’action, il est admis que tous les couples et toutes les personnes ont le droit fondamental de décider, librement et dans l’exercice de leurs responsabilités, du nombre et de l’espacement de leurs enfants et de disposer de l’information, de l’éducation et des moyens leur permettant d’exercer ce droit. Au cours de cette conférence, il était reconnu que les variables démographiques étaient dépendantes du développement et de la justice sociale. Ainsi, la régulation des naissances était associée au bien-être familial, et la contraception à la protection maternelle et infantile, à l’éducation des femmes, à la réglementation de l’âge au mariage.

1975

Un noyau de volontaires se constitue pour lutter contre le renvoi des jeunes filles des établissements secondaires pour fait de grossesses indésirées. Au nombre de ses missions, on retient la contribution à l’épanouissement de la population en général et des adolescents et jeunes en particulier par l’offre de services de santé sexuelle et reproductive de qualité. Elle a été reconnue par le gouvernement le 08 janvier 1981. Elle sera déclarée plus tard, organisation d’utilité publique. C’est le début d’existence de l’Association Burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF). Madame Barry est membre fondatrice de la section de l’ABBEF de Bobo Dioulasso avec le Docteur N’Diaye, Bernard Bayala du CESAO, Françoise Coulibaly, présidente locale de la Croix Rouge, et d’autres personnes.

1978

Tous les États membres des Nations Unies, dont la Haute Volta, endossent les recommandations de la Déclaration d’Alma Ata sur les soins de santé primaires, qui comprennent la santé maternelle et infantile. Le gouvernement met en place son premier programme de Santé Maternelle et Infantile (SMI), qui prendra plus tard le nom de Service de Santé Maternelle et Infantile/Nutrition (SMI/NUT).

1981

Le 08 janvier 1981, l’Association Burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) être connue par le gouvernement burkinabè comme une association d’utilité publique.

1983

18 février 1983 le Conseil National de la Population (CONAPO) est créé (décret 83-104/CPS/PRES/PL) avec pour mandat de proposer une politique de la population répondant aux besoins sociaux, économiques et culturels du pays.

1984

Le Programme d’action pour la population et le développement durable du Kilimanjaro est adopté à la Conférence d’Arusha. Le gouvernement burkinabè adhère à ce programme. Au cours de cette année se tient la 4ème Conférence des Nations Unies sur la population à Mexico. A cette conférence, il était, beaucoup plus questions d’examiner et entériner le Plan d’action de la Conférence internationale sur la population de 1974 à Bucarest..

Toujours en 1984, suite à leur constat de grossesses nombreuses, trop rapprochées, trop précoces et trop tardives, l’Association burkinabè des sages-femmes (ABSF) est créée par Mme Brigitte Thombiano, la première présidente, en vue de répondre aux besoins de planification familiale des femmes et filles du pays et de réduire le taux élevé de grossesses non désirées, d’avortements et de mortalité maternelle et infantile.

Le 10 avril 1984, le plan d’action national en matière de planification est adopté avec pour objectif de réviser la loi française de juillet 1920.

Le 4 aout 1984, Président Thomas Sankara a accordé le nom actuel du pays, Burkina Faso.

1985

Le 11 février 1985, les prestations de planification familiale sont effectivement mises en place dans quatre (4) centres sante maternelle et infantile (SMI) à Ouagadougou et dans trois (3) centres de santé maternelle infantile (SMI) de la ville de Bobo-Dioulasso, en mai 1985.

Le 08 mars 1985, l’Association Burkinabè des Sages-Femmes (ABSF) organise une conférence sur les conséquences de l’excision et l’avortement clandestin, ainsi que sur les avantages de la planification familiale. La conférence débouche sur la création d’une structure fonctionnelle visant à répondre aux besoins des jeunes et des femmes, et à fournir des services de planning familial à la Clinique des Sage Femmes en 1985. Avec le soutien de l’USAID et de l’UNFPA, la clinique est approvisionnée en pilules, stérilets, diaphragmes, injectables, implants, préservatifs et spermicides.

Depuis 1985 les prestations de Planification familiale s’étendent progressivement sur l’ensemble du pays, et d’autres centres assurent les prestations de planification familiale à Ouagadougou dont la clinique des sages-femmes, l’ABBEF et quelques cliniques privées.

Avril 1985

Le Ministère de la famille publie un Plan d’action pour la planification familiale en appelant à la révision de la loi de juillet 1920, qui interdisait la vente et la promotion de contraceptifs, ainsi que l’intégration du planning familial dans les centres de soins, l’intégration de programmes d’éducation sexuelle dans les écoles et l’intégration du planning familial comme un élément fondamental du développement.

1986

Le Burkina Faso expérimente son premier projet sur l’éducation sexuelle dans les écoles qui va devenir le projet « Education en matière de population ». L’éducation en matière de population sera institutionnalisée en 1987. Ce projet connait une phase d’expérimentation au niveau du secondaire au cours de l’année scolaire 1989-1990 et au niveau du primaire en 1994-1995. Sa généralisation intervient dans le secondaire en 1998-1999 et au primaire en 2004-2005.

En 1986, le Burkina Faso reconnait officiellement l’existence du VIH sur son territoire.

Le 13 février 1986, le Ministère de l’Essor Familial et de la Solidarité Nationale est créé, avec en son sein, la Direction de Planification Familiale est établie.

Le 24 février 1986, au regard du caractère désuet de la loi de 1920 et son inadaptation aux nouvelles réalités la nouvelle orientation politique en matière de planification familiale, compte tenu de la demande croissante en prestations de services de planification familiale de la part de la population, cette situation a conduit les autorités à abroger cette loi et à adopter une politique en matière de planification familiale.

Le 8 mai 1986, le Ministère de la Santé est restructuré et la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME) est créée. La DSME est chargé de développer, contrôler et évaluer les activités en lien avec la planification familiale et la santé maternelle et infantile.

Le 24 octobre 1986, le Burkina Faso a adopté sa première Politique de planification familiale (AN IV-008/CNR/EF-SN), rendant la planification familiale légale avec l’abrogation de la loi française de 1920 et de la section du Code de santé publique de 1970 sur les contraceptifs.

1987

Elaboration du Programme National de Lutte contre le Sida et la mise en œuvre de trois plans d’interventions. Le premier plan couvrait la période de 1987–1989. Au même moment, le Burkina Faso préparait à l’intention des différents bailleurs de fonds sa « lettre de Déclaration de Politique en matière de Sida » qui contient les orientations en matière de lutte contre le VIH/Sida au Burkina. Cette lettre fut soumise à l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), ce qui a conduit à la mise en place de 1996–2000 du Programme Population et Lutte contre le Sida (PPLS).

En 1987, se tient également la Conférence de Nairobi sur la maternité sans risques. L’élément le plus important au cours de cette conférence est la définition du concept de « maternité sans risques ». En effet, c’était la première fois que la Communauté internationale s’intéressait directement au problème des complications mortelles de la grossesse et de l’accouchement. Le Burkina Faso participe à cette conférence.

Août 1988

Une loi instaure la décentralisation du système de santé en deux entités : les provinces et les communes. Les représentants locaux du gouvernement deviennent responsables des installations sanitaires, y compris les hôpitaux de district, l’approvisionnement et la distribution de médicaments, et la mise en œuvre des programmes de santé locaux.

Décembre 1988

Le Plan d’Action N’Djamena est adopté par les membres du Comité Inter-états de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), incluent le Burkina. Le Plan d’Action de Ndjamena a invité les pays membres du CILSS à renforcer l’intégration des femmes dans le développement et à valoriser le rôle de la femme.

1989

Le Code des personnes et de la famille (CPF), adopté et le nouveau Code de la santé publique, adopté en 1994, régissent le cadre juridique de la santé reproductive au Burkina Faso. Le code pénal établit l'âge légal du mariage pour les hommes et femmes respectivement à 20 et 17 ans ; et punit le viol, le mariage forcé, les mutilations génitales féminines, les coups et blessures et le harcèlement sexuel. Le code de la santé publique autorise toutes les méthodes de planification familiale dans les établissements de santé publics et privés, y compris la stérilisation.

En 1989 se tient la Conférence de Niamey des pays francophones sur la Maternité Sans Risques. Cette conférence à laquelle le Burkina Faso participe, fait suite au constat d’une faible participation des pays francophone à la conférence de Nairobi en 1978. L’appel de Niamey recommande, entre autre, que l’accent soit mis sur la généralisation des programmes de planification familiale, d’éducation sexuelle et d’éducation à la vie familiale.

1990

Sommet mondial des enfants à New York. Ce Sommet, tenu au Siège des Nations Unies, fut un rassemblement sans précédent de dirigeants de la communauté internationale réunis pour promouvoir les droits et le bien-être des enfants. Le point fort de cette rencontre, fut la signature d'une Déclaration mondiale en faveur de la survie, de la protection et du développement des enfants et d'un Plan d'action qui énonce une série d'objectifs du développement humain concernant les enfants pour l'an 2000. Ces objectifs comprennent la réduction des taux de mortalité infantile et maternelle, de la malnutrition et de l'analphabétisme des enfants, ainsi qu'un meilleur accès aux s ervices de base pour la santé et la planification familiale, l'éducation, l'eau et l'assainissement.

DÉBUT D’UN RÉGIME DÉMOCRATIQUE ET FIN DE L’INSTABILITÉ POLITIQUE

1991

Le concept de Soins Post-Avortement est utilisé pour la première fois au Burkina Faso. Adoption de la Constitution, comme la loi fondamentale du Burkina Faso. Elle reconnait en son article 18 que la santé, la protection la maternité et l’enfance, au même titre que les autres secteurs sociaux constituent des droits fondamentaux à promouvoir. La Constitution de 1991 sera révisée en 2012. C’est cette dernière actuellement en vigueur, conserve les dispositions sur la santé de la reproduction.

La première Politique nationale de la population (PNP) et son Plan d’action (PAP I) sont adopté set constituent une étape importante dans l'évolution de la politique de la planification familiale. La PNP établit plusieurs cibles à atteindre à l’horizon 2005, y compris l'augmentation de la prévalence contraceptive à de 4,4% en 1990 à 60%, la réduction du taux de mortalité infantile à 70%, le taux brut de mortalité à 17,5% et la réduction de la fécondité de 10% tous les 5 ans.

1992

Des standards de santé maternelle et infantile sont adoptés pour guider et harmoniser les pratiques et les soins dans les établissements de santé au Burkina Faso. Et, le gouvernement établit 53 districts de santé administrés par les équipes des districts de santé. La planification familiale est incluse dans la santé maternelle et infantile.

En 1992, se tiennent deux grandes conférences au niveau international et en lien avec la population et le développement: (i) la Conférence de Dakar N’Gor sur la Population, le Développement et la Famille et (ii) la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement à Rio.

Le 11 mai 1992, l’arrêté N° 98-160/MATS/SG/DGAT/DLPA crée la Central d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG), fournissant des médicaments génériques essentiels, des produits médicaux et du matériel d’équipement aux établissements sanitaires publics et privés.

1993

Constitution du Consortium Soins Post-Avortement: IPAS, AVSC, IPPF JHPIEGO, Pathfinder qui établit le modèle original de Soins Post-Avortement avec les 3 éléments: Soins d’urgence, Services de planification Familiale, liens avec les autres services de Santé de la Reproduction.

Au cours de cette année (1993), une Stratégie de soins de santé primaire est mise en œuvre, ce qui conduit à l'introduction de la césarienne et d'autres opérations telles que les vasectomies et les ligatures des trompes dans les hôpitaux de district.

L’année 1993 voit également la création du Programme d’éducation en matière de population au niveau du système éducatif formel (EMP-Formel). C’est un programme gouvernemental dont la mission consistait à l’introduction des questions de population dans les programmes de formation des écoles secondaires et professionnelles ainsi que la formation des conseillers pédagogiques en la matière. Ce programme inclut l’éducation sexuelle dans les curricula de formation en vue de promouvoir une « sexualité responsable ».

1994

Le Code de Santé Publique, adopté en 1994, permet que toutes les méthodes de planification familiale soient adoptées dans les établissements publics et privés de santé du pays, y compris la stérilisation, à l’exception de l’avortement ou l’interruption volontaire de grossesse.

Toujours en 1994 se tient la Conférence Africaine régionale sur les avortements à risque à l’Ile Maurice à laquelle le Burkina Faso prend part


Septembre 1994

La Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) a lieu au Caire. Elle constitue un événement décisif pour le développement du Programme d’Action (PA), qui sera intégré plus tard à la Politique Nationale de la Population en 2000. Au cours de cette conférence, il est reconnu qu’une seule solution ne suffirait pas à résoudre les problèmes de croissance démographiques. Les stratégies à long terme qui ont été recommandées sont un développement économique responsable, l’éducation et l’autonomisation des femmes et des soins de santé de qualité, notamment des programmes de planification familiale.

Depuis la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), la Santé maternelle et infantile (SMI) y compris la planification familiale (SMI/PF) s’est élargie en un concept nouveau, celui de la santé de la reproduction y compris la santé sexuelle d'où le concept de la santé de la reproduction (SR). L’adoption du concept de SR par le Burkina Faso a entraîné la révision des documents nationaux de politiques et des standards de Planification familiale pour aboutir aux Politiques, normes et protocoles (PNP) de santé de la reproduction.

1995

Au cours de l’année 1995, se tiennent des conférences internationales en lien avec la planification familiale et auxquelles le Burkina Faso prend part. Il s’agit de :

  • La Conférence mondiale sur les femmes à Beijing : « Promotion et autonomie des femmes”
  • la Conférence MAQ de Ouagadougou sur l’Assurance Qualité et Critère de Qualité des soins.
  • le Sommet mondial pour le développement social à Copenhague.
  • a conférence régionale de Ouagadougou sur l’amélioration de l’accessibilité et la qualité des services. Elle débouchera sur l’élaboration d’une nouvelle logique de travail sur la qualité des assurances et les standards de soins médicaux.

Toujours en 1995, le Burkina Faso élabore sa Lettre d’Intention pour les Politiques de Développement Humain (LIPDH), en amont du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). L’année 1995 voit également la création de l’équivalent du Programme d’éducation en matière de population au niveau du système éducatif formel : « Éducation en matière de population pour la jeunesse rurale ». Son objectif est de « mettre à la disposition de la jeunesse rurale des informations en Santé de la Reproduction pour promouvoir la parenté responsable ».

1996

Un forum régional est organisé sur l’enseignement de la santé reproductive dans les établissements de santé et les écoles dans la zone centre et ouest de Ouagadougou. Ce forum permettra le développement de plans de formations nationaux et standardisés sur la santé reproductive.

Octobre 1997

Le Plan d’action de Ouagadougou (PAO) pour la population et le développement durable est adopté. Ce plan propose des stratégies de population et de développement durable dans le Sahel, y compris l' accès aux services de santé sexuelle et reproductive.

1998

Ouagadougou reçoit la première Conférence Africaine pour la Population, se concentrant sur la promotion de la participation des hommes dans le domaine de la santé de la reproduction.

Le Ministère de la Santé adopte un Plan Stratégique de Santé de la Reproduction pour la période 1998-2008, appelant au renforcement de la capacité du système de santé pour assurer de meilleurs services (dont l’amélioration de l’infrastructure, l’équipement médical et la formation du personnel de santé).

Le programme National de Santé de la Reproduction des Adolescents dont la première phase quinquennale s’étale de 1998 à 2002 s’inscrit dans le Plan Stratégique de Santé de la Reproduction. Il a pour objectifs « d’offrir des services de Santé de la reproduction comprenant la Planification Familiale, les diagnostics et traitements des MST/Sida aux adolescents de 10 à 24 ans; d’offrir des conseils et de l’IEC comprenant l’éducation sexuelle, la vie familiale ».

1999

A la cinquième année de mise en œuvre des recommandations de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) + 5, l’accent est mis sur les points suivants :

  • Soutien aux droits des femmes
  • Renforcement l’engagement sur la santé des femmes
  • Maternité Sans Risques – Prise en charge de l’avortement
  • Offre des services de qualité en cas SAA
2000

Le Consortium Soins Post-Avortement établit un plan initial d’expansion des Soins Post-Avortement à l’échelle communautaire.

Au cours de cette année 2000, les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies sont adoptés à New York. Trois objectifs sont adressés aux questions de santé : réduction de la mortalité infantile (OMD 4), Amélioration de la santé maternelle (OMD 5), lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies (OMD 6). Le Burkina Faso, en participant à cette conférence, adhère aux principes de ce sommet au point que les différents objectifs définis orientent les actions politiques au niveau national.

Le 30 décembre 2000, la révision de la Politique Nationale de la Population est approuvée par décret N° 2000-624/PRES/MEF. Cette révision appelle à la réorientation du système de santé du Burkina Faso, et souligne l’importance de la promotion des services de santé reproductive. Les objectifs spécifiques de cette Politique dans le domaine de la santé de la reproduction comprennent l’augmentation de l’accès aux méthodes de contraception modernes et la promotion d’un usage accru des services de santé reproductive. Cette politique étend également les opérations à la promotion des droits des femmes et leur éducation, ainsi que la lutte contre la violence domestique et les abus sexuels.

2001

LLe Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2001-2010 est adopté en juillet 2001 et peut-être considéré comme un prolongement de la Politique nationale de la population. Ce plan met l’accent sur le développement d’infrastructures sanitaires, l’approvisionnement des établissements de santé en équipements adéquats et la conception et mise en œuvre des programmes pour les femmes, les enfants et les jeunes, dans le but de promouvoir la santé de la reproduction.

Au cours de la période 2001-2005, un nouveau programme a été mis en œuvre. Il s’agit du Programme « Communication pour le changement de comportement des adolescents et des jeunes en matière de Santé Sexuelle et de la Reproduction ». Il est piloté par la Direction Générale de la Jeunesse/Direction des organisations et des activités socio-éducatives des jeunes/du Ministère de l’Emploi et de la Jeunesse. Le programme a pour objectif « la promotion de la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes à travers une approche « jeune pour jeune », visant un changement de comportement des bénéficiaires avec une forte adhésion de la communauté et de la société civile (associations, ONG, leaders d’opinion)».

2002

Conférence sur les Soins Post-Avortement dans les pays francophones de l’Afrique du Centre et de l’Ouest a décidé de promouvoir davantage l’accès à des services de qualité.

Add NOVEMBRE 2004

Le 10 novembre 2004, la Politique nationale pour la promotion de la femme est adoptée par décret No. 2004-486/PRES/MPF avec pour objectif de promouvoir le droit des femmes à travers leur santé reproductive, le planning familial, la contraception, la prévention du Sida et la santé de la mère et de l’enfant.

DÉCEMBRE 2005

Le 21 décembre 2005, la loi N°. 049-2005/AN, adoptée par l’Assemblée Nationale. Elle établit que tous les individus, dont les jeunes, ont droit à des services de santé reproductive de qualité et à l’information nécessaire sur ces services à tout moment et en toutes circonstances. La loi formalise également la légalisation de la production, importation, distribution, prescription, publicité et utilisation de produits contraceptifs.

Janvier 2006

L’Union Africaine adopte le cadre conceptuel de la Politique Continentale pour l’Avancée de la Santé de la Reproduction et les Droits en Afrique. Ce cadre est référence pour le Burkina Faso en matière de droit à la santé de la reproduction.

Le Plan Stratégique de Sécurisation Contraceptive (PSSC) est adopté et mis en œuvre en janvier 2006, initiant l’engagement du Gouvernement à financer les contraceptifs dans tout le pays. Cela se matérialise par la création par décret N° d’une ligne de crédits pour l’achat de contraceptifs.

Septembre 2006

Le Plan d’action de Maputo est adopté, codifiant les droits d’accès universel aux services de santé de la reproduction auquel le Burkina Faso adhère.

SEPTEMBRE 2007

Le 24 septembre 2007, le Plan d’Action pour la Promotion de la Femme au Burkina Faso (2006-2010) est adopté par décret N° 2007-569/PRES/PM/MPF. Dans le domaine de la santé reproductive, ce plan prévoit d’augmenter l’accès aux services de santé pour les femmes par la sensibilisation et le plaidoyer.

Octobre 2009

Adoption de la « Politique Nationale Genre » par décret présidentiel n°2009-672/PRES/PM/MEF/MPF du 7 octobre 2009 est une avancée pour la SR/PF.

Novembre 2009

Première Conférence Internationale sur la Planification Familiale à Kampala à laquelle le Burkina Faso participe. De là est partie la formalisation du projet de la Conférence de Ouagadougou de février 2011.

Mai 2010

Le Ministère de la Santé a lancé le plan de sécurisation des produits de santé de la reproduction qui vise à assurer une disponibilité pérenne et une utilisation rationnelle selon les besoins du client. Il s’agira de mettre en place des services et des produits essentiels de SR de qualité en temps voulu et en tout lieu.

Décembre 2010

Le Burkina Faso adopte une Stratégie de Croissance Accélérée et Développement Durable (SCADD) qui souligne l’importance de la planification familiale à travers l’axe 4 portant sur les thématiques transversales dont la maîtrise de la dynamique démographique.

FÉVRIER 2011

DDu 08 au 10 février 2011, la Conférence Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone : l’urgence d’agir est organisée à Ouagadougou. Cette conférence mènera à la création de l’Initiative de Ouagadougou, un partenariat stratégique établi par l’USAID, visant à améliorer la coordination entre les donateurs et à soutenir la planification familiale au Benin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo. Le Burkina Faso et le Sénégal sont sélectionnés comme des pays pionniers.

Novembre 2011

Deuxième Conférence Internationale sur la Planification Familiale à Dakar. Le Burkina Faso prend part à cette conférence au plus haut niveau (Première Dame et Ministre de la santé). Le Livre Blanc sur la planification familiale est présenté aux délégués des pays participants à la Conférence de Ouagadougou par une déléguée du Burkina Faso.

2012

Avec l’aide d’un groupe de consultants externes, la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME) élabore un plan stratégique visant à augmenter la prévalence contraceptive nationale de 16% en 2010 à 25% en 2015. Le plan catégorise les régions du Burkina en zones de « fort potentiel », « potentiel moyen » et « faible potentiel » en fonction des niveaux de besoins non satisfaits et en fixant des objectifs conséquents.

Mise en place du Comité National de Suivi des Programmes et Stratégies de Réduction de la Mortalité Néonatale et Infanto-juvénile

Un Sommet de Haut Niveau sur la Planification Familiale est tenu à Londres en 2012, réunissant les donateurs du secteur de la planification familiale, les législateurs et des personnalités d’influence des pays désireux de développer leurs programmes de planification familiale. La délégation du Burkina Faso est présidée par la Première Dame, Chantal Compaoré, venue témoigner de l’engagement du gouvernement burkinabè pour la planification familiale. Madame Compaoré s’engage à maintenir le budget du gouvernement pour l’achat de commodités contraceptives (environ 500 millions de Francs CFA ou 1 million de dollars par an), et à soutenir les projets innovateurs de planification familiale, à travers l’autorisation du depo-subQ/ Uniject par exemple, ainsi que l’implication du secteur privé et des hommes dans le domaine de la planification familiale, dans l’optique de renforcer la sécurisation contraceptive du pays.

Mars 2012

Le Burkina Faso adopte une nouvelle Politique nationale de population et son Plan d'action. L’objectif général de la PNP est de réduire le taux de croissance démographique de 3,1% en 2006 à 2,25% en 2030. Pour cela l’accent est principalement mis sur l’amélioration de la santé de la reproduction à travers l'accès à la planification familiale. Cela passe, entre autre, par une en augmentation de l’offre des services de qualité et aussi par l'accroissement des connaissances sur les services de planification familiale afin d’impliquer les hommes dans les programmes de planification familiale. Au terme de la politique, on devrait aboutir à:

  • la réduction du taux de fécondité de 6,2 enfants par femme en 2006 à 3,6 en 2030.
  • la réduction de 55% la proportion de grossesses chez les adolescentes d'ici 2030.
  • l’accroissement du taux de prévalence contraceptive de 1,5 point de pourcentage chaque année pour atteindre un niveau de 51,5% en 2030.
Janvier 2013

Le Ministère de Sante a lancé la version finale du Plan Nationale de Relance de la Planification Familiale pour les années 2013 à 2015.

Mars 2013

Il se tient à Mbour-Saly (Sénégal) une réunion des partenaires de la planification familiale à base communautaire d’Afrique occidentale francophone du 12 au 14 mars pour exploiter la nouvelle dynamique née de la Conférence internationale de Ouagadougou sur « Population, développement et planification familiale en Afrique de l’ouest francophone :l’urgence d’agir ». Le Burkina Faso participe à cette rencontré dont le but principal était de promouvoir la planification familiale à base communautaire (PFBC) en tant que pratiques standardisée dans la sous région et de renforcer les capacités à introduire la PFBC, notamment les contraceptifs injectables.

Les objectifs visés au cours de cette rencontre étaient entre autres:

  • Renforcer au niveau régional la sensibilisation et la capacité à promouvoir la PFBC, en particulier les contraceptifs injectables.
  • Encourager la collaboration régionale et l’apprentissage Sud-Sud.
  • Consigner et diffuser des exemples de réussites en PFBC, des enseignements tirés et des défis à relever par les programmes de PFBC en Afrique de l’ouest francophone.
  • Identifier des canaux de prestation de service pour les programmes de PFBC, notamment les contraceptifs injectables.
  • diffuser des outils, des documents ressources et d’autre matériel écrit en français.
MAI 2013

La Direction de la santé de la mère et de l'enfant (DSME) est devenue la Direction de la santé de la famille (DSF) avec pour principales attributions concevoir, planifier, coordonner et évaluer la mise en œuvre des programmes de santé relatifs à :

  • La santé de la mère, de l’enfant et du couple ;
  • La santé des adolescents ;
  • La santé des personnes âgées ;
  • La planification familiale.
Septembre 2013

Conférence régionale africaine sur la population et le développement à Addis Ababa. Il est reconnu que :

  • la santé est un préalable au développement économique et social de l’Afrique
  • le taux moyen de prévalence de contraception moderne en Afrique, dont le Burkina Faso (15,0%) est le plus faible,
  • l’accès universel aux services de planification familiale offre des possibilités de tirer parti du dividende démographique.
Octobre 2013

Du 21 au 25, le Burkina Faso participe à l’atelier d'introduction des nouveaux guides de l'OMS et outils de formation sur la Planification Familiale, de suivi des progrès et de documentation des bonnes pratiques en Santé de la Reproduction. Les objectifs de cet atelier étaient de :

  • faire le point de la mise en œuvre de l’agenda régional SR dans les pays, des plans d'action pour le repositionnement de la PF, et les plans d’action pour la relance de la PF dans les pays,
  • orienter les participants sur le Paquet de Ressources de Formation des Prestataires sur la Planification Familiale,
  • introduire les nouveaux outils relatifs à la SR/PF (l’intégration du VIH et de la PF, les directives sur le « partage des tâches », Pratiques à Haut Impact).
NOVEMBRE 2013

Le novembre 12 a 15, la Conférence Internationale sur la Planification Familiale est organisée à Addis Ababa, Ethiopie. Plusieurs des représentants de Burkina étaient présents avec un total de 3,300 délégués de 120 pays.