Planification Familiale au Burkina Faso
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ORGANISATIONS PROCURANT ET DISTRIBUANT DES COMMODITÉS CONTRACEPTIVES AU BURKINA FASO

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Bien que le gouvernement contribue au financement de contraceptifs, l’UNFPA est le premier donateur de produits contraceptifs au Burkina Faso. L’USAID fournit une aide financière en cas de besoin. L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) et la KfW comptent parmi les donateurs internationaux importants qui fournissent au pays des produits contraceptifs.

Médecins Sans Frontière, l’IPPF et MSI Londres fournissent également des contraceptifs à travers leurs programmes, mais sont moins impliqués dans le soutien technique pour la sécurisation contraceptive. La KfW finance le Projet PSI de Marketing Social des Préservatifs de PROMACO, qui est un programme de marketing social chargé de fournir des préservatifs masculins et féminins de marque Prudence® et Saramani®, ainsi que des pilules PLANIF®.

De 1997 à 2004, la Banque Mondiale a financé des contraceptifs à travers son projet de PF local, et l’UNFPA a fourni des contraceptifs à travers ses propres projets dans tout le pays. L’USAID a commencé à financer des produits contraceptifs en 2004, à la suite d’une demande d’urgence du gouvernement burkinabè et depuis lors il continue d’apporter à l’Etat une aide substantielle pour l’achat des contraceptifs. En effet, L’USAID a fait des livraisons de contraceptifs en 2012 pour éviter des ruptures de stock.

Agence Commerciale de Ouagadougou I - Administration

La Centrale d’Achats de Médicaments Essentiels Génériques et de Consommables Médicaux (CAMEG) a été créée en 1992 dans le but de répondre aux difficultés d’approvisionnement en commodités par le secteur public. C’est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, qui met à la disposition des formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif et lucratif² des médicaments génériques, des produits de laboratoires et des équipements médicaux. La CAMEG comprend actuellement dix agences commerciales. Elle dessert 63 centres de stockage qui sont en réalité des dépôts répartiteurs des 63 districts sanitaires fonctionnels du pays et 1443 dépôts de Médicaments Essentiels Génériques (DMEG). Le Ministère de la Santé a développé une stratégie pour assurer la continuité et la stabilité de l’approvisionnement de produits contraceptifs de qualité à un prix réduit, à travers un partenariat avec la CAMEG.


La Direction de la Santé de la Famille (DSF), qui est la direction centrale du Ministère de la Santé chargée de la mise en œuvre des programmes et politiques de planification familiale, passe par la CAMEG pour acheter des produits contraceptifs en fonction de besoins prospectifs et en fonction du financement alloué par le budget national. A travers la Direction de l’Administration et des Finances (DAF) du Ministère de la Santé, la DSF et la CAMEG administrent conjointement un compte où tous les revenus provenant de la vente de produits contraceptifs sont déposés puis réinvestis dans l’achat de nouveaux contraceptifs.

Le partenariat avec la CAMEG a permis au programme et à l’équipe technique du Ministère de la Santé d’éviter des retards dans l’approvisionnement de contraceptifs, récurrents dans le cadre des processus de paiement dérivés du budget traditionnel.

Financement de contraceptifs par les Donateurs et le Ministère de la Santé en Dollars (USD) et CFA entre 2000 et 2013

Année UNFPA MSI OMS KFW IPPF Ministère de la Sante
USD CFA USD CFA USD CFA USD CFA USD CFA USD CFA
2007 $59.956 29.913.847 $5.258 2.623.373 $420.289 209.694.790 $11.217 5.596.497 $718.00 358.231.740
2008 $675.752 337.152.945 $1.242.398 619.869.634 $27.225 13.583.369 $1.200.000 598.716.000
2009 $1.582.313 789.463.425 $26 12.972 $17.163 8.563.135 $1.336.000 66.570.48
2010 $1.599.153 797.865.406 $425 212.045 $55.684 27.782.418 $600.000 299.358.000
2011 $470.265 234.629.316 $16.192 8.078.674 $313.946 156.637.077 $2.022 1.008.836 $1.000.000 489.830.000
2012 $3.563.660 1.778.016.883 $562.706 281.353.260 $2.496 1.245.329 $1.000.000 500.000.000
2013 $1.08.767 509.383.966 $1.994.313 995.023.054

ANTICIPATION DES BESOINS


L’anticipation des besoins est principalement menée grâce aux efforts de la Direction Générale de la Santé de la Famille (DGSF) et la Direction de la Santé de la Famille (DSF). Tandis que le DGSF est chargé de coordonner l'exercice d’anticipation des besoins nationaux pour le Ministère de la Santé, la DSF envoie l’ensemble des commandes finales de produits contraceptifs à la CAMEG.

La quantification est assurée par les représentants des directions régionales de la santé (DRS), de la DGSF, de la DSF, de la DGPML, des donateurs dont l’UNFPA et l’USAID, des ONGs comme l’ABBEF, PROMACO et MSI, qui se réunissent tous les six mois pour évaluer les besoins en contraceptifs et élaborer le Tableau d’Acquisition des Contraceptifs (TAC), avec le soutien technique des projets USAID/ D ELIVER et RESPOND.

Les besoins futurs sont exprimés dans les TACs en tenant compte des consommations historiques et actuelles du pays par produit, des stocks disponibles, des commandes en cours, des niveaux de stock maximum et minimum, des interventions spécifiques (sensibilisation, formation, campagne de masse……).

Les niveaux de stock maximum et minimum définis dans le pipeline sont respectivement 16 mois et 9 mois. La DSF utilise le logiciel Pipeline d’USAID/DELIVER pour déterminer le plan de commande des produits (quantités et date de livraison). Les besoins sont ensuite soumis aux partenaires techniques et financiers avec les propositions des quantités et des dates de livraison conformément au plan d’approvisionnement défini dans le pipeline.

Pour les autres niveaux du système d’approvisionnement, les niveaux de stocks sont définis comme suit :
Niveau maximum /minimum : Point de prestation de service : 3 mois et 1 mois
Niveau maximum / minimum : Magasin des districts 6 mois et 3 mois

Certains facteurs influent négativement sur la disponibilité des commodités entrainant souvent leur rupture à la CAMEG. Il s’agit entre autre des besoins non satisfaits liés à la fluctuation de la demande, le retard dans la livraison des produits par la CAMEG, l’insuffisance de la qualité des données pour la quantification et l’insuffisance dans la communication entre les différents acteurs. La communication est par exemple essentielle pour les redéploiements des stocks d’une région du pays à une autre en fonction des besoins et des niveaux de stocks.

Les structures sanitaires transmettent les rapports mensuels de gestion des formations sanitaires qui contiennent les données logistiques suivantes : le stock initial et final, les données de consommation, les données de réapprovisionnement et les données de perte, ainsi que le nombre de jours comptant une rupture de stock.

Au niveau local, on note une insuffisance en matière de renforcement des capacités du personnel impliqué dans la gestion de cette information, conduisant souvent à des données non fiables ou erronées, ainsi qu’à un calcul biaisé des jours de rupture de stock.

Dans les districts sanitaires, le Pharmacien responsable collecte les données des structures sanitaires tous les mois, analyse, corrige si nécessaires et anticipe les besoins futurs en fonction de la consommation passée. Les pharmaciens régionaux consolident les données fournies par les districts sanitaires et les transmettent au niveau central tous les trois mois.

STOCKAGE ET DISTRIBUTION DES COMMODITÉS


Afin d’améliorer l’accessibilité géographique des médicaments essentiels génériques (MEG), la CAMEG compte actuellement dix agences commerciales à travers le pays (deux à Ouagadougou, deux à Bobo Dioulasso, une à Fada N’gourma, une à Ouahigouya, une à Dédougou, une à Gaoua, une à Tenkodogo, et une à Dori). Depuis 2010, les agences commerciales de la CAMEG fournissent des contraceptifs aux 63 dépôts répartiteurs de district (DRD), aux 4 hôpitaux universitaires et nationaux, aux 9 hôpitaux régionaux, aux structures sanitaires privées à but non lucratif. Les 63 DRD fournissent des contraceptifs aux dépôts de médicaments génériques de toutes les formations sanitaires périphériques : 36 Centres Médicaux (CM), 44 Centres Médicaux avec Antenne Chirurgicale (CMA) et 1443 Centres de Santé et de Promotion sociale (CSPS). Les DRD faisant face à des ruptures de stock dues à la CAMEG peuvent se procurer ailleurs, avec l’autorisation de la Direction Régionale de Santé (DRS) mais tout en veillant à ce que les prix restent toujours accessibles.

La DRS s’assure que les bonnes pratiques de stockage et de distribution sont respectées au niveau des Dépôts Répartiteurs de District (DRD). Elle apporte également un soutien aux DRD et hôpitaux régionaux dans la quantification des besoins, répond aux demandes d’approvisionnement des hôpitaux centraux, valide les commandes des DRD, contrôle les inventaires des hôpitaux et des DRD, compile les processus logistiques des DRD et forme les administrateurs des DRD. La DRS stocke et distribue certains types de produits aux hôpitaux et DRD pour des programmes de santé.

Les contraceptifs importés sont ceux homologués par le ministère de la santé à travers la Direction Générale de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires (DGPML). Mais il arrive qu’un contraceptif ne soit pas homologué et en ce moment l’importateur demande une autorisation spéciale d’importation.

Lorsque les produits entrent dans le pays, le visa de la DGPML est nécessaire avant que les services des douanes n’autorisent leur sortie. Les produits sont d’abord mis en quarantaine dans les magasins de la CAMEG centrale en attente des résultats du contrôle de qualité. Une fois que les résultats sont disponibles et conformes, les produits peuvent en ce moment être distribués aux différentes structures à travers les agences commerciales régionales de la CAMEG. Les produits sont livrés directement dans les dépôts répartiteurs de district par la CAMEG. Les formations anitaires viennent à leur tour s’approvisionner au niveau des DRD pour la dispensation. Les contraceptifs sont donc stockés dans deux ou trois points de stockage avant d’être livrés à la structure dispensatrice.

Problèmes au cours de la Chaîne d’Approvisionnement


Des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement se produisent en raison de l’insuffisance de la qualité des données pour la quantification, du retard dans les livraisons et des besoins non satisfaits. L’insuffisance de la qualité des données pourrait s’expliquer par le fait que les systèmes d’information et de collecte de données des formations sanitaires ne sont pas encore performants. Malheureusement aussi, on note une insuffisance en matière de renforcement de capacités des responsables d’information entrainant des difficultés dans la transmission de données fiables. Par ailleurs, l’insuffisance dans la communication sur les ruptures de stocks aussi bien au niveau central que local ne permet pas d’homogénéiser et comparer les données. Enfin, parfois, la possibilité d’une augmentation de la demande n’est pas intégrée de manière systématique dans l’estimation des besoins futurs, et les données de certains acteurs comme le secteur privé sont insuffisamment prises en compte.

On observe également que des ruptures de stock se produisent de manière occasionnelle au niveau central mais qui ne se traduisent pas nécessairement par des ruptures de stock dans les DRD. Les ruptures de stock se produisent néanmoins le plus souvent au niveau des districts et dans les formations sanitaires périphériques, bien que ce soit rarement le cas pour les contraceptifs les plus utilisés comme les injectables, les pilules et les implants. Ces ruptures sont souvent liées à l’insuffisance dans les estimations des besoins mais aussi à l’insuffisance dans la communication.

Depuis l’instauration des TACs deux fois par an et le suivi hebdomadaire des stocks des produits SR dans les DRD et dans les DMEG, les ruptures de stock sont beaucoup moins fréquentes.

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