Planification Familiale au Burkina Faso
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Position du Gouvernement Actuel sur la Planification Familiale

La protection de la santé des mères et des enfants a été reconnue en 1959 dans les grands centres urbains pour la population, mais les soins étaient à cette époque principalement limités aux femmes burkinabè privilégiées dans les grands centres urbains et aux enfants et femmes de l'administration coloniale.

En septembre 1978, tous les États membres des Nations Unies, dont la Haute Volta, endossent les recommandations de la Déclaration d’Alma Ata sur les soins de santé primaires, qui comprennent la santé maternelle et infantile. Le gouvernement met en place son premier programme de Santé Maternelle et Infantile (SMI), qui prendra plus tard, en 1984, le nom de Service de Santé Maternelle et Infantile/Nutrition (SMI/NUT).

La planification familiale a commencé à entrer dans le discours politique national dans les années 1980 et suite aux recommandations de plusieurs conférences africaines et internationales sur la population (Accra en 1971, Arusha et Mexico en 1984). La première action majeure de soutien politique de la planification familiale fut la création en 1983 du Conseil national de la population (CONAPO), dont la mission était d'examiner et proposer une politique de population en accord avec les affaires sociales, économiques et culturelles du pays.

En 1985, le gouvernement élabore un plan d'action pour la planification familiale et adopte sa «politique de planification familiale» par décret IV-008/CNR/EF-SN le 26 octobre 1986. Cette politique appelle à l’intégration de la planification familiale dans le programme de santé du pays dans le but de contrôler la fécondité des femmes. La création du CONAPO en 1983 a permis la mise en œuvre d'un cadre institutionnel réunissant les différents acteurs du secteur (responsables politiques, bénéficiaires et partenaires techniques et financiers), ainsi que l'élimination de la loi coloniale française de 1920 qui interdisait la promotion et la publicité des contraceptifs, une avancée déjà, car les questions de santé de la reproduction tiennent comptent de la dynamique démographique du pays au regard de la faible croissance économique. Cependant, les femmes sont obligées de subir des tests de laboratoire coûteux pour obtenir des contraceptifs, ce qui limitent leur utilisation jusqu'en 1988, lorsque le gouvernement décide d'éliminer cet obstacle.

En juin 1991, le Burkina Faso adopte à première Politique nationale de population (PNP), suivie d’un Plan d'action pour la population (PAP I) qui couvre la période 1991-1995. Les objectifs visés étaient de réduire la fécondité, accroître l’utilisation de contraceptifs et réduire la mortalité infantile à l’horizon 2005, tout en menant des évaluations régulières pour s'assurer que les besoins de planification familiale sont satisfaits.

Fondé sur les recommandations de la Conférence Internationale de 1994 sur la Population et le Développement, le Burkina Faso actualise sa Politique nationale de population en 2000 avec l’élaboration d’un deuxième Plan d'action en matière de population (2001-2005). Cette politique appelle à la promotion des services de santé de la reproduction pour les femmes, les adolescents et les jeunes adultes et se fixe comme objectif d’atteindre un taux de prévalence contraceptive nationale de 19% en 2015 (PAP II). Cet objectif est incorporé dans le Plan national de développement sanitaire (PNDS) en 2001. Puis, le Plan des finances publiques pour la santé, qui couvre la santé reproductive et la planification familiale, est adopté.

Le plaidoyer pour le repositionnement de la planification familiale à l’ordre du jour

Le 11 juillet 2008, à la faveur de la Journée mondiale de la population, le Secrétariat permanent du Conseil national de population (SP/CONAPO) a organisé, une marche pour le repositionnement de la planification familiale dans les priorités sanitaires comme une réponse à la mortalité maternelle et infantile. Un mémorandum des associations de femmes et de jeunes de la ville de Ouagadougou est alors, remis au Ministre d’Etat, Ministre de la Santé, pour le Président du Faso.

Le Ministère de la Santé à travers ses plans politiques est alors responsable démobiliser les acteurs publics et non gouvernementaux afin d’allouer davantage de ressources permettant d’atteindre les objectifs de santé reproductive et de planification familiale, ainsi que pour intégrer la PF dans le système de santé.

Le Burkina Faso réaffirme ses engagements sous régionaux et internationaux

En 2011, la planification familiale fait l'objet d'une attention renouvelée, le Burkina Faso reçoit la Conférence internationale dont le thème est “Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone: l’urgence d’agir”. A cette rencontre régionale les donateurs et les décideurs ouest-africains présents forment le « Partenariat de Ouagadougou ». De nouveaux engagements sont pris. Le Président du Faso s’engage à « toucher ses pairs de l’Union économique et monétaire ouest africain (UEMOA) pour le repositionnement de la Planification familiale dans les pays UEMOA et les ministres de la santé assureront le suivi. ».

Les objectifs du Partenariat de Ouagadougou sont les suivants :

  1. intégrer la population, la santé reproductive et la planification familiale dans les plans nationaux de développement
  2. accélérer les stratégies nationales visant à réduire les besoins non satisfaits de planification familiale
  3. améliorer l'acceptabilité de la planification familiale à travers des messages mettant l'accent sur les bénéfices des moyens contraceptifs en terme de qualité de vie
  4. augmenter de 30% le nombre de prestataires de services dans le domaine de la planification familiale/santé reproductive
  5. augmenter le soutien des gouvernements aux coûts liés à la contraception
  6. surveiller les actions précédemment citées, y compris l'engagement de réduire le taux de mortalité maternelle d'au moins 25% en Afrique de l'Ouest francophone d'ici à 2015e
  7. institutionnaliser et améliorer l'engagement national pour la planification familiale

En juin 2011, le Burkina Faso, à travers le Secrétaire permanent du Conseil national de population participe au groupe de plaidoyer auprès d’un membre Démocrate du Congrès américain et de deux Sénateurs Républicains pour accroître le budget de l’USAID et de l’UNFPA consacré à la santé de la reproduction et lutte contre la mortalité maternelle. Cette activité est organisée à l’initiative de USAID, UNFPA Washington DC et la Fondation Bill et Melinda Gates./p>

Le Burkina Faso, Représenté par Mme Delphine Barry (Secrétaire permanent du Conseil national de population) participe également à l’élaboration du livre blanc sur la Planification familiale à Baltimore en Juin 2011.

En novembre 2011, le Burkina Faso, à travers le Secrétaire permanent du Conseil national de population (Mme Delphine Barry ) présente à la conférence internationale de Dakar sur la Planification familiale, le livre blanc sur la planification familiale.

La Première Dame et le Ministre de la Santé présents à cette conférence de Dakar ont réaffirmé la volonté politique et l’engagement du Burkina Faso pour la promotion de la PF comme une stratégie de lutte contre la morbidité et la mortalité maternelles.

Les plus hautes autorités s’impliquent

La Première Dame Madame Chantal Compaoré a assisté à la 2ème Conférence internationale sur la planification familiale à Dakar en novembre 2011. Elle a aussi participé à des réunions de haut niveau sur le repositionnement et la revitalisation des programmes de planification familiale en Afrique et dans le monde. Le Sommet sur la Planification Familiale à Londres en juillet 2012, est la tribune où elle a exprimé le soutien de l’Etat burkinabè pour la planification familiale.

A l’issue de la Conférence de Ouagadougou de février 2011 sur « Population, planification familiale et développement : l’urgence d’agir » et qui a réuni huit gouvernements de la sous-région, des bailleurs de fonds internationaux et la société civile membres du Partenariat de Ouagadougou, le Ministère de la Santé en collaboration avec ses partenaires institutionnels a affiné le Plan stratégique de promotion de la santé de la reproduction en Plan de relance de la planification familiale sur la période 2013-2015.

Il se fixe un objectif ambitieux qui est d’atteindre une prévalence contraceptive moderne de 25 % pour les femmes en union en 2015. Cet objectif va au-delà de celui fixé par la Politique nationale de population (PNP) qui est 19% en 2015. Il s’agira donc de réaliser un effort d’accroissement de 2,7 points de pourcentage par an pour l’accroissement de la prévalence contraceptive qui est de 15,0% en 2010. L’objectif national de prévalence contraceptive a été décliné au niveau régional en établissant une classification des régions selon leur potentiel (haut, moyen et faible). Ce potentiel est calculé en fonction du nombre de femmes en âge de procréer qui y résident et du taux de besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

  • la création de la demande
  • la disponibilité des produits contraceptifs
  • l’accès aux services de planification familial
  • le suivi-évaluation

Pour le gouvernement, cet objectif est un impératif pour le Burkina Faso dans sa quête de maîtrise démographique et de réduction des décès maternels et infantiles.