Planification Familiale au Burkina Faso
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Statut légal de la planification familiale: les grandes étapes

  • Le 30 juillet 1920, la loi française interdisant la « propagande » qui vise à promouvoir les méthodes contraceptives et l’avortement est adoptée au Burkina Faso. La loi prévoit une peine sévère pour les personnes impliquées dans la conduite d’avortements illégaux, la promotion de politiques pour la prescription et la vente de contraceptifs, et la lutte pour l’augmentation de l’accès à la planification familiale.
  • 6 au 12 septembre, 1978 : Déclaration d’Alma Ata sur les Soins de santé primaires. La déclaration d'Alma-Ata a été établie à l'issue de la Conférence internationale sur les soins de santé primaires. Elle souligne la nécessité d'une action urgente de tous les gouvernements, de tous les personnels des secteurs de la santé et du développement ainsi que de la communauté internationale pour protéger et promouvoir la santé de tous les peuples du monde. La santé maternelle et infantile occupant une place importante dans cette déclaration.
  • 18 février 1983, le Conseil national de population (CONAPO) est créé par décret N° 83-104/CPS/PRES/PL. Le principal mandat du CONAPO est de proposer une politique de population répondant aux besoins sociaux, économiques et culturels du pays.
  • Septembre 1984, la Direction de la santé de la mère et de l’enfant a été créée pour promouvoir la santé de la mère et de l’enfant, un des objectifs prioritaires contenus dans le Document d’orientation politique (DOP) du 02 Octobre 1983.
  • 11 février 1985, les prestations de planification familiale sont effectivement mises en place dans quatre (4) centres Santé Maternelle et Infantile (SMI) à Ouagadougou et dans trois (3) centres SMI à Bobo-Dioulasso en mai 1985.
  • 1986 : Le Burkina Faso expérimente son premier projet sur l’éducation sexuelle dans les écoles qui va devenir le projet « Education en matière de population ». L’éducation en matière de population sera institutionnalisée en 1987. Ce projet connait une phase d’expérimentation au niveau du secondaire au cours de l’année scolaire 1989-1990 et au niveau du primaire en 1994-1995. Sa généralisation intervient dans le secondaire en 1998-1999 et au primaire en 2004-2005.
  • 13 février 1986, le Ministère de l’Essor familial et de la solidarité nationale est mis en place avec la création en son sein de la Direction de la planification familiale.
  • 08 mai 1986, le Ministère de la Santé est restructuré et la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME) actuelle Direction de la santé de la famille (DSF) est créée. Le Service de la santé maternelle et infantile de la DSME est alors chargé du développement, du suivi et de l’évaluation des activités de planification familiale et de santé maternelle et infantile.
  • 24 octobre 1986, le Burkina Faso adopte la Politique de Planification Familiale (AN IV-008/CNR/EF-SN) pour contrôler la fécondité des femmes en âge de procréer. La loi française de 1920 qui interdit la vente, l'utilisation et la promotion des méthodes contraceptives et l'article du Code de santé publique de 1970 sur les contraceptifs sont abrogés.
  • 1989 : adoption du Code des Personnes et de la Famille (CPF). Ce code établit l'âge légal du mariage pour les hommes et femmes respectivement à 20 et 17 ans ; et, punit le viol, le mariage forcé, les mutilations génitales féminines, les coups et blessures et le harcèlement sexuel.
  • 1991 : le Burkina Faso adopte sa première Constitution. Elle sera révisée en 2012. En son article 18, il est reconnu que la santé, la protection de la maternité et de l’enfance, au même titre que les autres secteurs sociaux comme des droits fondamentaux à promouvoir.
  • 1991 : la première Politique nationale de la population (PNP) et son premier Plan d’action (PAP I) sont adoptés et constituent une étape importante dans l'évolution de la politique de la planification familiale. La PNP établit plusieurs cibles à atteindre à l’horizon 2005, y compris l'augmentation de la prévalence contraceptive à 60%, la réduction du taux de mortalité infantile à 70‰, le taux brut de mortalité à 17,5‰ et la réduction de la fécondité de 10% tous les 5 ans. En soutien à cette politique, l’éducation à la santé reproductive est introduite dans les écoles secondaires à travers le programme d'Education en matière de population (EMP) et plusieurs projets axés sur la santé de la reproduction des jeunes et adolescents.
  • 1992 : les normes de santé maternelle et infantile sont adoptées afin de guider et d'harmoniser les pratiques dans les établissements de santé, y compris en standardisant les procédures de planification familiale.
  • 1993 : une stratégie de soins de santé primaires est mise en œuvre, ce qui conduit à l'introduction de césariennes et d'autres opérations telles que les vasectomies et les ligatures des trompes dans les hôpitaux de district.
  • 1994 : Révision et Adoption du Code de la Santé Publique de 1970, régissant le cadre juridique de la santé reproductive au Burkina Faso. Le code de la santé publique autorise toutes les méthodes de planification familiale dans les établissements de santé publics et privés, y compris la stérilisation.
  • Septembre 1994, depuis la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), la Santé maternelle et infantile y compris la planification familiale (SMI/PF) s’est élargie en un concept nouveau, celui de la santé de la reproduction y compris la santé sexuelle d'où le concept de la santé de la reproduction (SR). L’adoption du concept de SR par le Burkina Faso a entraîné la révision des documents nationaux de politiques et les standards de Planification familiale pour aboutir aux Politiques, normes et protocoles de santé de la reproduction.
  • 1998 à 2008 : le Ministère de la Santé adopte le Plan Stratégique pour la Santé de la Reproduction et appelle au renforcement de la capacité du système de santé pour assurer une meilleure prestation des soins de santé (y compris du matériel médical, infrastructure et formation du personnel de santé).
  • Décembre 2000 : la Politique nationale de population est révisée. La nouvelle politique de population met l’accent sur les questions de population, à travers la promotion accrue des services de santé de la reproduction. La politique appelle à la décentralisation du système de santé afin d'améliorer l'accessibilité géographique et financière et la qualité des services de santé. Cette politique étend également les opérations à la promotion des droits des femmes et leur éducation, ainsi que la lutte contre la violence domestique et les abus sexuels.
  • Juillet 2001 : le Plan national de développement sanitaire (PNDS 2001-2010) est adopté et est considéré comme une ramification de la Politique nationale de population. Ce plan met au centre de ses préoccupations le développement d’infrastructures sanitaires, l’approvisionnement des établissements de santé en équipements adéquats et la conception et mise en œuvre des programmes pour les femmes, les enfants et les jeunes, dans le but de promouvoir la santé de la reproduction.
  • 10 novembre 2004 : La Politique nationale pour la promotion de la femme est adoptée par décret N°. 2004-486/PRES/PM/MPF et vise à renforcer la promotion des femmes à travers l'amélioration de leur santé reproductive, notamment en matière de planification familiale, contraception, lutte contre le VIH/ SIDA, et la santé de la mère et l'enfant.
  • 21 décembre 2005 : adoption de la Loi n° 049-2005/AN par l'Assemblée nationale qui établit que tous les individus, notamment les jeunes, ont le droit d'accéder aux services de santé reproductive et à l'information sur ces services à tout instant et dans toute situation. La loi légalise également la fabrication, l’importation, la distribution, la prescription, la publicité et l’utilisation de contraceptifs.
  • janvier 2006 : adoption et mise en œuvre du Plan stratégique de sécurisation des produits contraceptifs (PSSPC), initiant l'engagement du gouvernement à financer les contraceptifs dans tout le pays.
  • 24 septembre 2007 : adoption du Plan d'action pour la promotion de la femme au Burkina Faso (2006-2010) par décret 2007-569/PRES/PM/MPF. Dans le domaine de la santé reproductive, le plan fixe des objectifs pour améliorer l'accès des femmes aux services de santé.
  • mai 2010 : lancement par le Ministère de la santé en collaboration avec l’UNFPA, du Plan stratégique de sécurisation des produits de la santé de la reproduction pour la période de 2009 à 2015. Ce plan vise à assurer une disponibilité pérenne et une utilisation rationnelle selon les besoins du client. Il s’agit, alors, de mettre en place des services et des produits essentiels de Santé de la reproduction (SR) de qualité en temps voulu et en tout lieu.
  • 2012 : actualisation par la Direction de la santé de la mère et de l'enfant (DSME) actuelle Direction de la santé de la famille (DSF) en collaboration avec un groupe de consultants externes, du plan stratégique visant à augmenter la prévalence contraceptive au niveau national de 15% en 2010 à 25% en 2015.
  • Mars 2012 : adoption par le pays, d’une nouvelle Politique nationale de population et son Plan d'action. L’objectif général de la PNP est de réduire le taux de croissance démographique de 3,1% en 2006 à 2,25% en 2030. Pour cela l’accent est principalement mis sur l’amélioration de la santé de la reproduction à travers l'accès à la planification familiale. Cela passe, entre autre, par une augmentation de l’offre des services de qualité et aussi par l'accroissement des connaissances sur les services de planification familiale afin d’impliquer les hommes dans les programmes de planification familiale. Au termes de la politique, on devrait aboutir à :
    • la réduction du taux de fécondité de 6,2 enfants par femme en 2006 à 3,6 en 2030.
    • la réduction de 55% la proportion de grossesses chez les adolescentes d'ici 2030.
    • l’accroissement du taux de prévalence contraceptive (TPC) de 1,5 point de pourcentage chaque année pour atteindre un niveau de 51,5% en 2030.
  • 2012 : mise en place du Comité national de suivi des programmes et stratégies de réduction de la mortalité néonatale et infanto-juvénile.
  • mai 2013 : la Direction de la Sante de la Mère et de l’Enfant (DSME) est devenu Direction de la Santé de la Famille (DSF) un deuxième fois, toujours sous la tutelle de la Direction Générale de la Sante de la Famille (DGSF).